ETUDIANTES LE JOUR,PROSTITUEES LA NUIT

ETUDIANTES LE JOUR,PROSTITUEES LA NUIT
Elles sont jeunes,
belles, régulièrement
inscrites dans les
universités et
Grandes écoles
d'Abidjan. Mais face
aux difficultés de la
vie, elles ont choisit
la voie de la facilité :
la prostitution. Et
après les cours, ces
filles s'adonnent au
plus vieux métier du
monde, malgré tous
les risques. Nous
avons rencontré
trois d'entre elles.
Récit.
Université de Cocody. On
est vendredi, dans une
salle de T.D (travaux
dirigés) de l'UFR des
sciences juridiques,
administratives et
politiques. Nina (c'est
son nom d'emprunt), 27
ans, étudiante en
Licence de droit privé
s'attelle à récupérer
tous les cours qu'elle a
manqués ces derniers
jours pour en faire des
photocopies ...D'ailleurs,
c'est une habitude pour
elle de prévoir chaque
fois de l'argent pour
photocopier les cours.
Depuis la première
année, Nina n'assiste
pas à tous les cours,
surtout à ceux de
vendredi soir et de
samedi matin, à cause
de son boulot ...
Ce même vendredi, à 23
heures, on retrouve
Nina à Biétry.
Reconvertie en
serveuse, elle s'active
dans un bar huppé.
Bottillons, jupe
ultracourte, perruque
jaune sur la tête,
ongles rutilants ...un
look identique à celui de
toutes les serveuses
du coin. Entre deux
services, elle prend le
temps de se confier à
nous : « C'est une
copine qui m'a trouvé
ce job. Je travaille dans
ce bar depuis deux
ans ...Mon père travaille
à l'intérieur du pays, il
est là-bas avec ma
mère et certains de
mes frères. En tout,
nous sommes 20
frères et s½urs. Ici, je
vis dans la maison
familiale. Mais depuis
quelque temps, papa ne
s'occupe plus de moi, il
ne me donne presque
plus d'argent, parce qu'il
trouve que je suis déjà
grande ... » Et dans ce
bar, elle semble trouver
ce qu'elle cherche. «
Chaque jour de travail,
j'ai 2500 f comme
prime de transport. J'ai
aussi 500 f sur chaque
verre que je fais
prendre aux clients, et
puis il y a les pourboires
qui peuvent aller jusqu'à
15000 f, les samedis ...
Pour les cours, je me
suis arrangée avec mon
patron : Pendant l'année
scolaire, je bosse les
vendredis et les
samedis à partir de
20heures. Pendant les
vacances, c'est tous
les jours, à partir de 16
heures ».
« Quand je vais en «
busy », c'est
minimum 35 000 F »
Mais, en réalité, ce ne
sont pas les pourboires
et autres primes qui
constituent l'essentiel
des revenus de Nina. Il y
a aussi et surtout le «
busy », c'est ainsi que
Nina et ses collègues
serveuses appellent le
fait d'aller passer une
nuit avec un client du
bar contre de l'argent. «
Toutes les filles ici ont
fait au moins une fois le
« busy ». Au début, moi,
je ne voulais pas du
tout aller avec
quelqu'un que je ne
connais pas. Mais
toutes les autres le
faisaient et ça se
passait assez bien pour
elles, alors un jour, j'ai
essayé. Mon premier «
busy », c'était avec un
Blanc. Il a tellement
apprécié que c'est moi
qu'il choisit chaque fois
qu'il vient ...Le client qui
veut une fille glisse un
mot dans la corbeille au
moment de payer
l'addition. Si la fille est
libre elle le lui signifie
par un sourire. Et le
client attend jusqu'à la
fermeture du bar pour
partir avec la fille. Moi,
quand je vais en « busy
», c'est minimum 35
000f. On me paye avant
même que je ne quitte
le bar ...Le client peut
faire tout ce qu'il veut
toute la nuit, mais à 7
heures, il doit me
déposer chez moi ...Je
ne vais pas en « busy »
à la veille des examens,
parce que l'an passé j'ai
échoué à ma première
session à cause de ça »
Autre lieu, Marcory Mille
maquis. C'est le nouvel
épicentre de la
prostitution à Abidjan.
Samedi soir, il est 23
heures. A quelques pas
des fêtards qui «
descendent » des
casiers de bière dans
les maquis géants, de
nombreuses
prostituées
déambulent. A
intervalles très
rapprochés, elles
s'engouffrent avec
leurs clients dans un
hangar situé juste en
bordure de la route.
Pour faire leurs
affaires. L'odeur âcre
de l'urine, les dizaines
de préservatifs usagés
qui jonchent le sol et
même les passants ne
gênent ni les clients
(généralement saouls)
ni leurs belles de nuit.
« La passe à 1000 F
ou 1500 F, ça ne
m'arrange pas »
Un peu à l'écart de tout
ce « bazar », se tient
Betty (c'est son nom
d'emprunt), 23 ans,
étudiante en année
préparatoire de BTS
communication. Nous
l'avons rencontrée
quelques jours plus tôt
dans une Grande école
au Plateau. Son pantalon
jean (taille basse), sa
chaîne à la hanche et
surtout sa plastique de
mannequin attirent des
clients. Elle les envoie
balader sans
ménagement. « Je ne «
gère » pas (Traduisez :
je ne fais pas l'amour)
avec ceux qui sortent
des maquis. Ils sont
saouls et en général,
c'est pour fatiguer les
gens », expliquera-t-elle.
« Et puis moi, Je ne
viens ici que les
vendredis et les
samedis. La passe à
1000 F ou 1500 F, ça ne
m'arrange pas... » Un
instant après, une
voiture s'arrête à son
niveau. Betty semble
bien connaître le
conducteur. Elle monte
à bord et la voiture
disparaît.
Environ deux heures
plus tard, elle
revient. Seule, sans
l'homme qui l'avait
emmenée.
« C'est un homme
marié, il m'appelle et il
passe me chercher ici
quand il a besoin de moi.
Il paye bien ... »,
raconte-t-elle. « Je vis
avec ma grande s½ur
qui ne travaille pas. Nos
parents sont au village.
Je ne peux pas mentir,
chaque fois que je vais
les voir, ils me donnent
de l'argent pour mes
études. Je n'ai pas eu le
Bac alors je dois payer
mes cours. L'argent de
mes parents suffit à
peine à payer la
scolarité ...Or, je dois
m'habiller, je dois
manger ...C'est ma
meilleure amie,
aujourd'hui décédée, qui
m'a montré comment
faire. Je l'ai
accompagnée un jour
en Zone 4 ... », poursuit-
elle. « Ma s½ur ne sait
pas que je fais ça. Si elle
l'apprend, c'est sûr
qu'elle va me chasser
de la maison. Les jours
où je ne rentre pas, je
lui dis tout simplement
que j'étais avec mon
gars ... »
Peu après, une autre
voiture s'approche et
klaxonne. Betty se
dirige vers le
conducteur. Après
négociation, elle monte
à bord. Mais cette fois,
elle ne reviendra pas.
Le lendemain dimanche,
dans l'après-midi,
quelque part à
Yopougon, Betty est
sagement assise dans
l'appartement où elle vit
avec sa s½ur. Revenue
dans sa peau
d'étudiante, elle révise
ses leçons.
Tranquillement. Presque
aucune trace de la nuit
dernière, sauf des yeux
un peu rougis par
l'alcool et la nuit quelque
peu mouvementée. Dès
qu'elle nous aperçoit,
elle vient à notre
rencontre. « Ma s½ur
est là, je ne peux pas
vous recevoir à la
maison, elle va me
poser trop de questions
», s'empresse-t-elle de
dire. Alors nous nous
retirons sous un hangar
non loin. Là, nous
parlons pendant de
longues minutes. Et, sur
notre demande, Betty
nous résume la suite de
sa nuit. « Hier, la
deuxième voiture dans
laquelle je suis montée,
c'étaient des jeunes qui
voulaient se défouler,
nous nous sommes
entendus sur 25 000 F,
comme ils étaient
deux ... »
Elles donnent dans la
cyberprostitution
Si Nina et Betty ont du
mal à s'avouer à elles-
mêmes et aux autres
qu'elles se prostituent,
ce n'est pas le cas de
Solange K. (c'est son
vrai nom). A 29 ans,
Solange vient de
s'inscrire dans un
institut de beauté
après plusieurs années
sans aller à l'école. Une
cigarette toujours au
bec, elle n'a aucune
gêne à avouer qu'il y a
longtemps qu'elle gagne
sa vie en vendant les
charmes de son corps.
« Ça a commencé au
lycée. J'étais encore à
l'intérieur du pays. Et
dans le foyer où je
vivais, toutes les filles
avaient plusieurs gars
qui s'occupaient d'elles.
Je suis tombée
dedans ... Mon père
était très déçu de moi,
il voulait me renier
quand il a appris que je
faisais ça ...Mais
maintenant, je pense
qu'il m'a acceptée
comme je suis. Je sais
que dans le quartier où
je vis, les gens me
critiquent, ils
chuchotent sur mon
passage parce que je
découche très souvent.
Ce n'est jamais la
même voiture qui vient
me déposer. Ça me fait
mal quand j'entends
certains propos sur
mon compte, mais
c'est ce que je fais
pour payer ma maison,
me nourrir, payer mes
études... » En plus
d'écumer les grands
hôtels où elle prétend
avoir des contacts,
Solange est aussi parmi
celles qui donnent dans
la cyberprostitution.
Son champ d'action,
c'est parfois internet,
et les liens du chat. «
Souvent, quand je n'ai
pas de « mouvements »
et que je dois régler un
problème urgent, je
vais sur le net pour me
« dépanner ». Je
propose mes services
et celui qui est
intéressé discute avec
moi, on s'entend sur le
prix avant de se
croiser, parce que je
n'ai pas de temps à
perdre. Jamais en
dessous de 30 000 F.
Quand on se rencontre,
il me donne mon argent
avant tout ... »
« Ma meilleure amie
a été sauvagement
assassinée dans un
hôtel ... on a tiré son
sang »
Nina et Betty se disent
en marge des réseaux
de proxénètes. Elles «
travaillent » en free
lance, selon elles. Aussi,
développent-elles
individuellement un
système de protection.
« Moi, je ne passe
jamais la nuit dans un
hôtel avec un gars. S'il
veut passer la nuit avec
moi, c'est chez lui à la
maison et pas ailleurs...
J'ai peur, Il y a deux ans,
ma meilleure amie a été
sauvagement
assassinée par un
homme avec qui elle
était partie passer la
nuit dans un hôtel...on a
tiré son sang, on a
enlevé son sexe ... »
explique Betty.
Quant à Nina, c'est
surtout contre le SIDA
qu'elle se prémunit. « Je
vais toujours en « busy
» avec mes
préservatifs. J'ai des
caries dentaires, j'ai les
gencives qui saignent
tout le temps alors je
n'embrasse jamais les
clients, je ne fais pas la
fellation, c'est trop
risqué. Le Sida rode, il y
a trop de filles que je
connais qui en sont
mortes. Je ne veux pas
sacrifier mon avenir ... »
Justement, parlant
d'avenir, comment
voient-elles le leur ?
Plutôt lucide, Nina
confie : « L'an dernier
j'ai échoué à mon
examen à cause du
boulot ... Je sais que je
ne peux pas construire
une vie dans les bars,
c'est passager ...Je
veux avoir la Maîtrise,
un bon boulot, une
maison, un mari et des
enfants ... ». Betty ne
dit pas autre chose : «
En ce moment, au
niveau des études, je
fais ce que je peux.
Souvent, je suis obligée
de « tirer » les cours.
Mais, je vais arrêter
tout ça quand je serai
en année de BTS, pour
me concentrer sur
l'examen. Quand j'aurai
mon diplôme, je vais
chercher du boulot, plus
tard je compte faire un
cycle ingénieur ».
Solange est encore plus
explicite : « J'ai un fils
de 4 ans qui vit pour le
moment avec son père.
Ma belle- famille n'a pas
voulu que mon ex vive
avec moi à cause de
mon passé ... Quand
mon fils sera grand, je
ne veux pas qu'on lui
dise que sa mère est
une pute. Si je suis
retournée à l'école,
c'est pour apprendre un
métier et abandonner
ça. »
A entendre ces filles,
vendre les charmes de
leur corps n'est qu'une
simple étape dans leur
vie. Une étape dont elles
espèrent sortir quand
elles le décideront. Sauf
que la prostitution est
un engrenage dont on
ne sort presque jamais
sans séquelles.

# Posté le vendredi 13 novembre 2009 00:45

Modifié le vendredi 13 novembre 2009 01:04

LES IVOIRIENNES SONT NUES HABILLEES. QUEL DRAME!

LES IVOIRIENNES SONT NUES HABILLEES. QUEL DRAME!
Ah la mode, quand tu
nous tiens ! Je me pose
des questions,
j'observe, je cogite...
et je sais, chers
lecteurs, que ce sujet,
autant que moi vous
préoccupe. Je suis
inquiet de l'avenir,
quand je vois, ces
jeunes filles, dans ces
accoutrements aux
antipodes de la
décence, offrant, dans
les rues, au plaisir ou au
dégoût des regards, les
parties les plus
secrètes de leur corps.
Elles se promènent
presque nues dans nos
rues. Et elles disent que
c'est la mode. « Chéri
regarde mon dos », «
Taille basse », « Ventre
et dos dehors », « Ras
de fesse », « mini jupe
fendue », bref, la
collection sexy est loin
d'être exhaustive. Elles
choquent, provoquent,
distraient, dérangent,
perturbent,
bouleversent plus d'un
esprit. Leur objectif
principal : charmer,
séduire, fasciner,
attirer, épater, appâter
des c½urs affamés.
Mais surtout, avec un
remarquable sens de la
répartie, elles
répondent à tous leurs
détracteurs : « c'est la
mode » ou encore «
c'est la tendance ».
Avec ces styles
vestimentaires
dénudants, aussi
extravagants que
choquants, il m'arrive
souvent de me
demander ce que ces
jeunes filles, mi-nues
mi-couvertes,
entendent par le
vocable « mode ».
Maladroite adaptation
de modèles importés ?
Mauvaises influences
exogènes des télé-
novellas latino
américaines ? Ou
encore, stupide ou naïf
snobisme ? Une chose
est sûre, nos filles
s'habillent mal. Très
mal. Alors là, très très
mal. Si bien qu'en
lançant un regarde
lointain sur l'avenir de
notre société, je
m'inquiète pour la
génération future. En
effet, ne doit on pas
croire qu'il arrivera un
jour où le nudisme
s'érigera, sous les
tropiques, en tendance
vestimentaire
populaire, puisque nos
ravissantes filles nous
ramènent aux
vêtements cache-sexe
de l'époque de la pierre
taillée?
J 'ai souvent vu dans les
rues d'Abidjan, des
jeunes filles vêtues
dans habits si
transparents, qu'il est
presque impossible de
ne pas voir en filigrane
tous leurs dessous
(soutien gorge, slip,
etc.) aussi poreux que
les dessus. A quoi
riment donc ces
nouvelles modes qui
déshabillent tant ? Et
pourtant, ce ne sont
pas des stylistes
modélistes de renom
qui manquent à
l'Afrique ! Pathé O', Ciss
St Moïse, Angie belle,
Miss Zahoui, Giles Touré,
Alpha Di, Etc. Ces
grandes figures de la
haute couture
internationale qui ont su
avec, ingéniosité et
créativité, imposer la
mode africaine de
nombreux occidentaux
et personnes d'autres
continents. Aujourd'hui
en France, en Amérique,
au Japon, en Inde, en
Australie, des femmes
s'habillent en pagne, en
longue jupe maxi, en
Bazin, en Kitta. Mais
chez nous-mêmes en
Afrique, nos s½urs ont
préféré la mode de la
nudité, du genre
sensuo-sexy, qu'elles
ont importé de je ne
sais où. Et tout ça se
passe sous le regard
silencieux de la
communauté elle-
même, qui les
contemple avec une
désinvolte indifférence.
Hourrah, Vive la
dépravation des
m½urs!

# Posté le jeudi 12 novembre 2009 11:41

Modifié le jeudi 12 novembre 2009 12:25

ARNAQUE PAR INTERNET: LA "MAFIA" DE LA CYBERCRIMINALITE EN COTE D'IVOIRE

ARNAQUE PAR INTERNET: LA "MAFIA" DE LA CYBERCRIMINALITE EN COTE D'IVOIRE
Se faire passer pour
une femme pour
gruger les Blancs, ou
tout simplement
monter un réseau en
complicité avec des
jeunes femmes pour
atteindre le même
résultat. Voilà la
nouvelle trouvaille
des Ivoiriens, qui
bénéficient, pour ce
travail, de la
couverture de
certains agents des
forces de l'ordre et
de certains points de
transfert et de
retrait d'argent.
Zoom sur cette
activité illégale qui
discrédite la Côte
d'Ivoire.
« Tu viens de
rembourser le prix de la
traite négrière que vos
ancêtres nous ont
infligée ». En pleurs
devant son ordinateur
muni d'un Webcam
(petite caméra qui
permet aux internautes
de se voir pendant la
connexion), Patrick, un
Français handicapé à
cause d'un accident de
travail (la révélation est
de lui), vient de recevoir
ce message, qui ruine,
sans doute, ses
espoirs. Croyant avoir
affaire à la dulcinée de
son rêve, il s'est rendu
compte, après avoir
été arnaqué à hauteur
de 30.000 euros
(19.650.000 fcfa), qu'il
avait plutôt affaire à
des escrocs en ligne.
Ceux qu'on appelle des
cybercriminels. La
majeure partie de son
économie, après que
son assurance l'eut
dédommagé, est
tombée dans
l'escarcelle de jeunes
ivoiriens qui opèrent
depuis la Côte d'Ivoire
sur Internet. En
affichant lors de leur
dialogue la photo de
Natacha, une
plantureuse africaine
aux courbes salivantes
sur l'écran de
l'ordinateur, ces jeunes
ont su attirer la
sympathie de Patrick,
avant de le piéger.
Patrick fait partie de
ces « Blancs », en quête
de femme sur Internet,
et qui finissent par se
faire « détrousser »
par de jeunes ivoiriens.
L'arnaque sur la toile
mondiale est devenue
une véritable mafia en
Côte d'Ivoire. La quasi-
totalité des cybercafés
sont devenus des
repères de
cybercriminels qui, à
partir de l'Internet,
grugent de nombreux
Européens. Et le fruit de
leur vol se chiffre à des
millions, voire des
centaines de millions
par jour, si l'on s'en
tient aux transactions
financières opérées par
ces escrocs. C'est ce
qu'on appelle la
cybercriminalité. Selon
Dimba Traoré, expert
en Ntic, lors d'une
interview accordée à
Fraternité matin du 18
juin 2007, la
cybercriminalité est
l'ensemble des délits
commis contre les
systèmes
d'informations, et aussi
l'ensemble des crimes
commis en utilisant
l'informatique et
l'Internet. « La
cybercriminalité a deux
aspects : c'est tout ce
qui est crime contre les
systèmes
d'information. Et toutes
sortes de crimes
commis par l'utilisation
des systèmes
d'informations »,
indiquait-il. Aujourd'hui,
la Côte d'Ivoire, par la
faute des
cybercriminels, est
devenue un pays à haut
risque. Comme l'illustre
d'ailleurs plusieurs
commissions
rogatoires dont la
dernière est celle des
Belges, récemment
arrivés sur les bords de
la lagune ebrié pour des
enquêtes. Les escrocs
utilisent des méthodes
aussi ingénieuses
qu'inimaginables pour
se faire de l'argent.
Des méthodes
ingénieuses pour
s'enrichir Selon
Souleymane, un jeune
ivoirien faisant partie
d'un réseau d'escroc
qui sévit sur le net,
c'est pour « se
chercher » qu'ils posent
de tels actes. Grâce à
l'un de ses amis, il a
réussi à entrer en
contact avec trois
Européens, Maër
(Français), Jacques
(Suisse) et Gérard
(Canadien), se faisant
passer, à lui seul, pour
trois femmes, toutes
différentes les unes
des autres. Aujourd'hui,
à l'issue d'une
communication assidue,
en complicité avec de
jeunes filles présentes
dans des cybercafés, il
récolte le fruit de « sa
persévérance ». Il a
reçu successivement
de ses « amants », 500
Euros (327.500fcfa),
800 Euros (524.000
fcfa) et 1500 Euros
(982.500 fcfa). Ibrahim,
un autre Ivoirien de 23
ans, a arnaqué son «
Blanc ». Il explique que
sa victime lui a fait
parvenir 7635 euros,
soit 5.002.025 fcfa,
pour l'organisation de
son anniversaire. En
fait, faisant parvenir à
« son amant » un faux
passeport avec le
cachet du ministère de
l'immigration, il lui a fait
comprendre qu'il
pourrait le rejoindre, si
toutefois ce dernier lui
expédiait de l'argent
pour son billet d'avion. «
Son Blanc », à ses dires,
est tombé dans le
panneau. Sans réfléchir,
il a délié la bourse. Ce
fléau, qui nourrit une
bonne frange de la
jeunesse ivoirienne,
n'est pas sans
conséquences pour la
Côte d'Ivoire. Ainsi, au
dire de Didier Kla,
président de Internet
Society, lors d'un atelier
de formation à la
maison de la presse
d'Abidjan, le 21 février
dernier, la destination
Côte d'Ivoire n'est plus
sûre. Sensibilisant les
autorités ivoiriennes
sur la cybercriminalité,
il a révélé les pertes
que ce phénomène a
causées aux Etats unis.
« Aux Etats unis, les
cyberterroristes ont
engendré des pertes
d'environ 7,8 milliards
de dollars, soit environ
3500 milliards de fcfa.
La cybercriminalité
rend les Etats africains
fragiles », révélait le
président de Internet
Society. Il déclare
l'impuissance des
services de
renseignements
africains face à
l'ampleur du
phénomène. Pour
comprendre ce fléau
qui gangrène l'économie
ivoirienne, un
cybercriminel a délié la
langue sur l'origine du
vol en ligne. Selon lui,
plusieurs procédés
malhonnêtes sont
utilisés pour s'enrichir
sur le dos
d'associations,
d'amoureux ou
d'hommes d'affaires. «
Ce vol organisé » sur le
net tire son origine de
l'immigration des
Africains en Europe. Les
immigrés, vivant dans
la clandestinité et dans
des conditions parfois
cruelles, cherchaient
par tous les moyens à
s'enrichir. Surtout en
utilisant des voies
illégales : vols de
voiture, vols dans les
supermarchés en
utilisant des cartes de
crédits volées etc..
Etant donné que le
système technologique
a connu une
amélioration
considérable, de fil en
aiguille, les Européens
remontaient facilement
la filière des voleurs et
les mettaient sous les
verrous. Mais avec
l'avènement de
l'Internet et les achats
en ligne, les jeunes
escrocs vont innover.
C'est ainsi qu'avec des
cartes de crédit
soutirées subtilement à
d'honnêtes citoyens, ils
effectuent des achats
en ligne. Ce phénomène
criminel va donner
naissance à ce qu'on
appelle « le broutage ». Il
va prendre de l'ampleur
grâce au mouvement
du « Coupé-décalé », qui
signifie prosaïquement
dérober puis détaler
avec son butin.
« Coupé-décalé »,
catalyseur de
l'escroquerie Dès lors,
les jeunes, croyant à
tort ou à raison que les
précurseurs de ce
mouvement ne sont
riches que parce qu'ils
s'adonnent à cette
activité illégale, vont
embrasser ce
mouvement. Treichville
et Marcory occupent
aujourd'hui la tête du
peloton en matière
d'escroquerie
électronique. La
tranche d'âge qui
s'adonne le plus à ces
activités parmi les
Ivoiriens se situe entre
12 et 25 ans. Leur seul
souci, se payer la tête
des Blancs, pour
espérer devenir riche.
Et rapidement. En plus
des Ivoiriens, les
Nigérians vont exceller
dans le domaine. « Ce
sont les Ibo qui
maîtrisent le mieux ce
système », nous confie
une source.
L'information est
confirmée par Didier
Kla : « On parle de plus
en plus du phénomène
des Ibo ». Les Ivoiriens
vont donc tenter de
faire comme ces «
brouteurs » qui roulent
carrosse et qui, par la
simple maîtrise de
l'outil informatique,
deviennent riches. Très
riches même. Et notre
interlocuteur de
soutenir qu'il y a deux
types de broutage. Le «
Mougou ou Wess » et le
« Format ».
« Le Mougou », soutenu
par certains agents de
transfert d'argent Le «
Mougou ou le Wess »
est un procédé qui
consiste à aller sur des
sites de rencontre,
s'inscrire en se faisant
passer pour une
femme, et chercher
par cette voie, des
amis à travers
l'Occident en général, et
la France en particulier.
« Dès qu'on se fait des
amis, on cherche par
tous les moyens à
soutirer de l'argent aux
Blancs qui cherchent
femmes (rencontre
virtuelle) », soutient
Roméo, un jeune de 20
vingt ans. Les sites les
plus sollicitées, à cet
effet, sont meetic.com,
capfriend.com, une
rencontreserieuse.com,
sunlove.com,
123love.com,
FriendFinder.com, pour
ne citer que ceux-là.
Dès que la cible est
repérée, soit les
tchatcheurs décident
de se rencontrer sur
Yahoo messenger, soit
sur msn messenger. «
Dès que la
communication est
établie entre le Blanc et
toi, tu peux lui faire la
promesse de venir chez
lui en produisant de
faux passeports et de
faux visas qu'on lui
expédie à travers
l'Internet afin qu'il
participe au voyage »,
soutient Isidore, un
jeune habitant la
commune de Marcory. Il
affirme, par ailleurs,
que pour réussir le
coup, il faut se faire
passer pour une
femme en présentant
une photo de
mannequin
préalablement
cherchée sur Internet,
afin de recevoir sans
coup férir la somme qui
sera expédiée. En ce qui
concerne les photos
des femmes
présentées aux Blancs,
quelques sites dont
hic5.com, font l'affaire.
En sus, des photos
d'amies de quartier, qui
acceptent de se prêter
au jeu, sont également
présentées. Et une fois
l'argent expédié, le
retrait se fait
frauduleusement. En
effet, pour retirer
l'argent subtilisé aux
amoureux européens,
les « mougousseurs »
proposent une agence
de transfert et de
retrait d'argent à leurs
cibles. Dans ces
agences, il vous faut
remplir certaines
formalités pour
recevoir l'argent qui
vous a été expédié. En
plus, un document vous
est remis sur lequel
vous devez marquer
votre nom, prénom, le
code d'envoi et la
question réponse que
votre expéditeur vous
donnera au préalable.
Puisque l'argent est
envoyé sous un pseudo
féminin que le
destinataire connaît,
alors pour le récupérer,
les « mougousseurs »
photocopient une pièce
d'identité normale
appartenant à une
autre personne. Sur la
pièce photocopiée, ils
mettent la photo
préalablement montrée
au blanc sur le net,
changent le nom
initialement inscrit en y
mettant le pseudo, re-
photocopient la pièce et
la présente à l'agent du
guichet. Certains de ces
agents, au parfum de «
ce vol » organisé,
n'hésitent pas à
accepter la « re-
photocopie frauduleuse
», moyennant un
pourcentage sur la
somme à retirer. « La
règle du retrait, c'est
10% sur la somme à
retirer, moyennant le
silence de la guichetière
», soutient une source,
témoin de la scène.
Même à l'aéroport, la
pratique est d'actualité.
Un brouteur, ayant reçu
1400 Euro, a rétiré
l'argent expédié par son
Blanc à l'aéroport Félix
Houphouët Boigny, le
samedi 15 mars
dernier. Mais de plus en
plus, les Blancs sont
réticents à délier la
bourse. Pour leur forcer
la main, les escrocs ont
désormais recours à
des pratiques occultes
pour envoûter la cible.
Un jeune, habitant la
commune de Treichville,
nous a confié qu'à
chaque fois qu'il doit
communiquer avec «
son Blanc », il attache
son bras droit avec un
talisman qui a la vertu,
selon lui, d'ôter à son
amant toute capacité
de réflexion.
Pratiques mystiques
pour envoûter le Blanc «
Mon marabout est prêt
à m'aider. Mais il exige
5000 fcfa sur chaque
50.000 francs, au cas
où l'opération réussirait
», révèle Clément. Mais
avant, selon lui, il me
réclame 100.000 fcfa
pour commencer le
travail. Nombreux sont,
en effet, ces
internautes
malhonnêtes qui
s'appuient sur des
pouvoirs mystiques
pour envoûter leurs «
chéris ». Mustapha D.,
un marabout connu de
la place, offre ses
services, moyennant
rétribution, à ces
jeunes gens en quête
de « fortune facile ». Ils
viennent, selon le vieil
homme à la soixantaine
entamée, le consulter
pour « attacher
» (envoûter) « leurs
amants ». Chose qu'il
réussit régulièrement,
nous dit-il, en entrant
dans le Kaloua (retrait
spirituel ponctué de
zikres incantatoires, à
l'issue duquel les v½ux
sont exaucés par la
force des esprits). A
l'issue de ce retrait,
des talismans sont
remis aux prétendants,
parfois au nombre de
deux, après qu'ils
eurent remis leur
pseudo et le nom du
Blanc au marabout. Et
de poursuivre en disant
qu'une fois ces «
formalités mystiques »
remplies, la plupart du
temps, les Blancs
mettent, sans
réfléchir, la main à la
poche. Un autre
internaute, sous le
couvert de l'anonymat,
nous a révélé que pour
« boucler
indiscutablement
l'esprit » de son blanc, il
a eu recours à une
pratique mystique de
haute intensité. « J'ai
enterré un cabri noir
vivant. Aujourd'hui, rien
ne me résiste », lâche-
t-il, avec une pointe de
satisfaction, le cou
bariolé d'or. Ibrahim,
l'heureux gagnant avec
preuve matérielle de
cette escroquerie à
grande échelle, ne se
cache plus. Avec son
butin, il affiche
ostensiblement,
comme ses camarades
« mougousseurs », un
train de vie de pacha.
Chose grave, certains
agents de la police
criminelle exercent un
chantage sur ces
brouteurs. Malick nous
a expliqué comment
ces agents, par des
dénonciations,
harcèlent les jeunes «
brouteurs », en leur
brandissant le spectre
d'une éventuelle
arrestation. Ibrahim
lève un coin de voile sur
la complicité qui existe
très souvent entre des
guichetiers des points
de retrait et de
transfert d'argent et
des agents de la police
criminelle. C'est ainsi
qu'un jeune, ayant reçu
la somme de 2000
Euros (1.310.000 fcfa)
s'est vu dépouiller par
des agents de la police
criminelle, avertis par
des guichetiers de
l'agence Western Union.
« Il ne lui restait que
400.000 fcfa ce jour-là
», soutient un témoin
de la scène.
La complicité d'agents
de la police criminelle
Aziz, un jeune peuhl de
23 ans, révèle qu'à
l'issue d'une cabale
montée de toute pièce,
il est passé «
volontairement » par
les mailles du filet de la
police criminelle, à
travers certains de ses
agents, qui lui ont
soutiré 200.000 frs cfa,
après lui avoir révélé
qu'il fait l'objet d'une
recherche de la part
d'interpol pour
tentative de vol portant
sur la somme de 12
millions frs cfa. « J'ai
vendu rapidement tout
ce que j'avais pour me
sortir d'affaire, car en
réalité j'ai fait croire au
Blanc de ma s½ur
qu'elle doit subir une
opération chirurgicale
qui nécessite la somme
de 12.000.000 frs cfa.
Malheureusement, je
n'ai pas averti ma
copine, qui a
communiqué dans mon
dos avec le Blanc, alors
que l'argent avait été
convoyé par interpol. Le
Blanc, ayant découvert
la supercherie, a lancé
interpol à mes trousses
et c'est grâce à
certains agents de la
police criminelle que je
me suis sorti d'affaire
en payant 200.000 frs
», témoigne-t-il, amer
et révolté d'être passé
à côté du jackpot.
Pourtant, une fois en
possession de cet
argent, les
cybercriminels le
dilapident dans la frime
en claquant des
centaines de mille dans
les maquis, les boîtes
de nuit et autres bars
climatisés. Là-bas, les
DJ se font du sou sur le
dos de ces jeunes, en
chantant des louanges
dithyrambiques à leur
endroit. Mais cette
petite escroquerie
n'est rien devant celle,
plus productive, du
format, l'autre branche
de la cybercriminalité.
Les « Formateurs »
évoluent dans une
sphère de haute
escroquerie qui peut
porter sur des
centaines de millions,
voir des milliards.
Le Format C'est le
niveau le plus élevé du
broutage, selon notre
source. Il embrasse
divers domaines. A
savoir : la religion, les
banques et les
finances, ainsi que les
entreprises privées.
Dans le domaine de la
religion, les escrocs
créent un site Internet
sur lequel ils se font
passer pour une
association religieuse
qui recherche des
financements pour la
construction d'édifices
religieux tels que les
mosquées ou les
églises. Ils prennent le
soin d'expédier aux
associations ayant les
moyens, des photos de
vieilles églises ou de
mosquées d'un quartier
précaire, en demandant
une aide financière en
vue de sa réhabilitation.
Une fois l'argent
expédié, ils attendent
une période bien
donnée, avant
d'expédier cette fois
une photo qui présente
un autre édifice
religieux flambant neuf,
aux mêmes
associations pour
prouver leur bonne foi.
« Cela croît la confiance
entre les escrocs et
ces associations, qui
n'hésitent plus à
mettre la main à la
poche, pensant qu'ils
ont affaire à une
association qui ½uvre
pour le bien-être de leur
religion », précise notre
interlocuteur, au
parfum de cette
pratique de la haute
escroquerie, qui
soutient que les plus
réputés dans ce
domaine sont les Ibo. A
cet effet, un Imam, lors
de son prêche le
vendredi 18 janvier
dernier à la mosquée Al
Hussein de Treichville,
n'a pas manqué de
dénoncer de telles
pratiques qu'il a qualifié
d'anti-islamiques. Le
second domaine dans
lequel sévissent ces
escrocs est le privé,
par le biais de la
création d'entreprises
fictives électroniques,
spécialisées dans
l'import-export, selon
un professionnel de ce
genre de broutage. «
L'inconnu se présente,
passe des commandes
et demande à ce qu'on
lui envoie des factures
pro-format », a
souligné notre source,
lui-même expert en la
matière. La facture
pro-format est une
sorte de facture
électronique qui laisse la
possibilité à l'acheteur
de donner la manière
dont il désire payer la
marchandise. Et le
règlement se fait soit
par carte bancaire,
carte de crédit, soit par
transfert de fonds etc..
« Une fois la commande
passée, l'acheteur paye
avec une carte de
crédit volée », précise-
t-il.
Une société
électronique fictive
comme appât Dans ce
cas, il y a deux sortes
de paiement : paiement
avec un terminal
contre-direct et
paiement contre-
indirect », poursuit
notre source, qui
affirme par ailleurs que
dans le premier cas,
l'acheteur est en ligne
et procède directement
au paiement de sa
facture. « Dans le
second cas, l'acheteur
fait une demande de
prélèvement
manuscrite avec les
numéros des cartes de
crédit et le vendeur
procède au
prélèvement du
montant total qui est
sur la facture pro-
format », a-t-il relevé.
En effet, lorsque
l'escroc en ligne décide
d'utiliser une carte
bancaire volée, le
prélèvement est
effectué et la
marchandise est
acheminée au nom de
l'acheteur fictif par
l'intermédiaire de
compagnies
spécialisées dans ce
domaine. Joint par
courrier depuis le 28
février 2008, pour en
savoir davantage, la
chambre de commerce
et d'industrie, dirigée
par Jean Louis Billon,
est restée silencieuse.
Et pourtant, des
exemples de
prélèvements et
d'arnaques sont légion.
En France, un génie de
l'informatique a pompé,
via le Net, 6,5 milliards
d'euros (plus de 3000
milliards fcfa) à la
Société générale des
banques, dans le mois
de janvier dernier. En
Côte d'Ivoire, le cas
Tiacoh est l'exemple le
plus patent. Selon le
quotidien « Libération »
dans sa parution du 19
février dernier, un
réseau de vol de voiture
serait logé en Côte
d'Ivoire. Des enquêteurs
français ont même
débarqué dans ce pays
pour y voir plus clair. Le
réseau est soupçonné
de vol de près de 300
grosses cylindrées, via
Internet, à partir des
chèques en bois.
Certains types de
transaction, selon une
source bien introduite,
requiert souvent la
complicité de certaines
sociétés de transfert
de colis. Sur ce point, un
autre « brouteur », qui
a requis l'anonymat, a
relevé la corruption qui
gangrène certaines de
ces entreprises. Pour
en savoir un peu plus,
nous sommes rentrés
en contact avec
Chronopost, mis en
cause, et un
responsable des lieux
nous a fait savoir que
sa société ne s'occupe
que des colis
légalement expédiés. En
fait, si le propriétaire de
la carte volée se rend
compte des
prélèvements sur son
compte, il saisit sa
banque et celle-ci lui
indique « le chemin pris
» par l'argent. Souvent,
l'entreprise qui s'est
chargée de recevoir
l'argent du grugé dans
le cadre d'une
transaction financière,
décline sa
responsabilité en
montrant tous les
documents légaux qui
ont servi aux achats.
Celle-ci lui donne le pays
où la marchandise a été
acheminée. Sur la
question, l'ancien
Directeur général de la
Douane ivoirienne,
Gnamien Konan, estime
qu'à partir du moment
où les documents
présentés sont légaux,
ils ne peuvent rien faire.
Dans ce cas, les volés
saisissent les autorités
de leur pays, en y
déposant des plaintes.
D'ailleurs, une centaine
de plaintes est déposée
à cet effet contre la
Côte d'Ivoire. L'Afub
( Association française
des usagers des
banques), à travers la
France, mène des
actions dans ce sens.
Cette association tient
pour responsable les
banques qu'elle
accusent d'avoir «
sacrifié la sécurité des
moyens de paiement à
la productivité ».
Un réseau qui opère à
partir d'Abidjan Ce sont
au total 200 dossiers
que l'Afub a reçus en
2007, en plus d'une
centaine de plaintes
déposées à travers la
France. L'enquête
pilotée par le pôle
financier de Paris est
remontée en Côte
d'Ivoire où plusieurs
véhicules volés ont été
retrouvés. Des
mandats d'arrêt
internationaux ont été
lancés. Mais les
enquêtes judiciaires
diligentées sont
difficiles à mener, à
cause des complicités
en haut lieu. Saisi le 10
mars 2008, Interpol n'a
pas délié la langue. Un
agent de la police
économique nous
confiait que le dossier
de la Cybercriminalité
était sensible, au
regard de l'implication
de gros bonnets dans
l'affaire. « Nous avons
traité beaucoup de
documents dans ce
sens, mais le dossier de
la cybercriminalité est
très sensible », révèle-
t-il. Ce sont donc des
sommes colossales qui
sont engrangées pour
le fonctionnement du
réseau. Les préjudices
atteignent des
sommets, 30.000
(19.650.000 fcfa), 40.000
(25.100.000 fcfa), 50.000
(32.750.000 fcfa) Euros
», explique Serge
Maitre, président de
l'Afub. Du côté des
banques, on se défend
comme on peut. Pour
Philippe Caplet,
directeur du centre
d'informations bancaire
de la Fédération
bancaire française, le
contrôle des signatures
d'endossement prend
du temps et les
escrocs jouent sur la
rapidité. Même s'ils se
défendent, les
banquiers sont
toujours soupçonnés
d'être de mèche avec
les escrocs. Au dire de
l'Afub, les banquiers
laissent croire que
l'argent crédité est
disponible même s'il
s'agit de sommes
importantes. « Peu de
gens savent qu'un
chèque crédité sur leur
compte est conditionné
par le paiement de la
banque qui peut
procéder à une contre-
passation, c'est-à-dire
reprendre l'argent »,
soutient l'Afub. Et
pourtant, selon la
banque de France, il
peut s'écouler deux
mois avant que la
banque ne constate que
le chèque est volé. Si les
escrocs continuent à
sévir au grand dam de
leurs victimes en Côte
d'Ivoire, c'est parce
qu'aucune action
véritable n'est
entreprise pour les
freiner. Du moins, si l'on
s'en tient au laxisme
des autorités
ivoiriennes. Parce que,
selon un agent de la
police criminelle, on
préfère jouer la carte
de la prudence, pour ne
pas se faire griller.
C'est ce laxisme que
des experts en Ntic ont
dénoncé. Pis, Me Sarr
Abdou, avocat à la cour
et spécialiste des Ntic,
a abordé la question du
vide juridique en la
matière en Côte
d'Ivoire.
Anachronisme du droit
pénal en la matière
Selon lui, il faudrait que
rapidement, le
législateur ivoirien se
penche sur cet état de
fait. Il a même dénoncé
un certain «
anachronisme du droit
pénal fondamental et
l'inadéquation de la
procédure pénale ».
Armand Pierre
Noudegbessi, expert
informaticien au sein de
l'entreprise Huawei, a
présenté les outils de
protection des
systèmes dont son
entreprise dispose. Mais
en attendant, des pays
se montrent efficaces
dans la traque des
cybercriminels. Au
Nigeria, neuf personnes
ont été condamnées, le
29 février dernier, dont
un par contumace, pour
avoir fabriqué toute
une série de lettres et
certificats aux noms,
notamment de la
Présidence, de la
direction de la police, de
la sûreté nationale, du
bureau du procureur
général et de la banque
centrale du Ghana. Ils
ont grugé un Français,
en lui faisant miroiter,
via le net, quelques 8,5
millions de dollars
(4.250.000.000 fcfa) qui,
selon eux, ont été
déposés sur un compte
bancaire au Ghana, et
qu'il lui suffisait de
payer quelques frais et
taxes pour entrer en
possession de ce
pactole.
Malheureusement, ces
cybercriminels ont été
stoppés net dans leur
funeste élan, la police
ghanéenne ayant mis le
grappin sur eux. Le pot
au rose a été
découvert suite à une
plainte d'un Français,
identifié comme Gilles
Gillet de Laumont
escroqué de 35.000
dollars en mai 2005. Il a
donc été victime d'un
coup monté à l'Internet,
soutient l'Afp qui
donnait l'information.
Face donc à
l'impuissance des
autorités des pays
confrontés à la
cybercriminalité,
certains pays africains
ont décidé de prendre
les devants. La Tunisie,
le Maroc et l'Afrique du
sud, sont en train de
protéger leur espace
virtuel qu'est le net. Ils
ont créé des plates-
formes de défense
telles que les PKI
forums (Public Key
Infrastructures), CERTS
(Computer Emergency
Response Team). En
Côte d'Ivoire, on semble
ignorer l'ampleur des
dégâts, et pourtant,
sans le savoir, ce pays
est fiché comme l'un
des plus dangereux, en
matière de
cybercriminalité. C'est
ce qui justifie le cri du
c½ur du Docteur Angui
Etti Boua, qui a
interpellé les autorités
ivoiriennes devant la
presse le 29 février
dernier, afin qu'elles
agissent au plus vite
pour freiner le
phénomène de la
cybercriminalité. Son cri
de détresse ne doit pas
tomber dans des
oreilles de sourd, car
pour rendre à la Côte
d'Ivoire ses lettres de
noblesses, il faut
traquer les
cybercriminels. C'est à
ce prix qu'on pourra
redonner confiance aux
opérateurs
économiques. C'est une
question d'intérêt
général et une ½uvre
de salubrité
économique.

# Posté le samedi 07 novembre 2009 13:23

Modifié le samedi 07 novembre 2009 13:37